ETUDE D'ITINERAIRE par Gilbert Jaccon. Cette analyse a été faite en novembre 2004
Hendaye – Menton, c’est l’autre pitchoune de la Bande des Neuf. Avec ses moins de 1000 km (940 exactement pour l’organisateur) et ses attraits climatiques, elle est la préférée des néophytes. Mais beaucoup se sont laissé piéger par les charmes de cette sirène, qui devient redoutable quand les vents – innombrables dans ces régions ! – s’y déchaînent.
Le Diagonaliste, qui doit tracer sa route de la Bidassoa jusqu’au-delà du Var, hésitera entre plusieurs options pour traverser les terres béarnaises et cathares, avant de tirer à pile ou face sa route finale soit par la cote rouge de l’Estérel, soit par Draguignan.
Voici l’étude d’une Diagonale au soleil dont le principal péril est appelé marin pour celui qui va vers l‘est et tramontane pour celui qui roule vers l‘Atlantique.

Pour effectuer cette étude d’itinéraire, nous avons utilisé 78 des 81 feuilles de parcours adressées au Délégué Fédéral pour les saisons 1999, 2000, 2002 et 2003.
Sur la carte, la zone ombrée couvre l’espace exploré par tous ces itinéraires, sachant que 43 partent d’Hendaye et 35 de Menton. La distance totale calculée sur les fiches varie de 904 à 985 km. La trace directe, longue de 750 km, passe par Orthez, Toulouse et Arles.
Le Petit Diagonaliste de juin 1992 (n°20) avait présenté l’étude cette Diagonale, faite par Paul Guinet à partir des 35 feuilles des années 1989 et 1990. Dans les grandes lignes, rien n’a changé !
La trajectoire usuelle
- au moins 3 diagonalistes sur 4 passent par Bayonne, Pau, Arles, Peyrolles et Nice.
- au moins 1 diagonaliste sur 2 passe par Peyrehorade, Orthez, Capens, Carcassonne, Béziers, Vauvert, Tavernes, Draguignan et Grasse
- à Pau (75% des itinéraires), la moitié des diagonalistes prennent la direction de Tarbes et Saint-Gaudens, alors que l’autre moitié n’hésite pas à se lancer sur la terrible route de la Bigorre (Vic, Masseube)
- à Arles (95% des itinéraires), 1 diagonaliste sur 4 (seulement) opte pour la direction de Fréjus et la corniche de l’Esterel.
- entre Nice et Menton, la répartition entre les «corniches» est de 53% pour la Basse, 30% pour la Moyenne (Eze) et 17% pour la Haute (Turbie), pour les 74 fiches qui l’indiquent
Dans son étude de 1992, Paul Guinet insistait sur la grande diversité des itinéraires dans le midi pyrénéen, et sur la simple dualité des parcours dans le secteur provençal. Les deux cartes de la page précédente – où l’épaisseur du trait est proportionnelle à la fréquence des passages – viennent parfaitement confirmer cette observation. A l’ouest, une toile d’araignée, à l’est une autoroute, une nationale et quelques rares chemins de traverses. Choix multiples pour le diagonaliste de l’Atlantique jusqu’au Rhône, options réduites d’Arles (95% des passages, rappelons-le !) à Menton.
Sur ces cartes, l’itinéraire le plus utilisé – mais qui n’est pas pour autant le meilleur ni celui que je conseillerais (Rappel : ces études d’itinéraires n’ont pas pour objet de proposer un itinéraire-type ou le «meilleur» parcours. L’accomplissement d’une Diagonale de France commence par l’étude des cartes et par des choix préliminaires, pour lesquels une telle étude peut être utile.) – passe par :
Bayonne – Peyrehorade – Orthez – Pau – Tarbes – St-Gaudens – Capens – Auterive – Castelnaudary – Carcassonne – Béziers – banlieue de Montpellier – Vauvert – Arles – Peyrolles – Tavernes – Draguignan – Grasse – Nice et la basse corniche.
Voici la route sur laquelle vous avez le plus de chances de trouver un diagonaliste (ou une équipe) entre les mois de mai et de septembre. S’il a été vigilant dans son pilotage et dans la traversée des agglomérations (en particulier dans la zone urbaine montpelliéraine !), il aura parcouru 938 km environ (un peu moins que la distance de référence) et escaladé un peu plus que 5000 m de dénivellation verticale.
La seconde remarque que nous avons faite au cours de cette étude concerne le pourcentage, plus réduit que dans les autres Diagonales, de ceux qui se permettent des surcharges kilométriques importantes pour « aller chercher » un col ou un BPF, ou encore pour fuir « à tout prix » les routes importantes et les grandes villes. Les délais sont courts et le temps « gâché » est plus difficile à rattraper. Mais nous reviendrons plus loin sur cette question du délai. Cette « moindre » fantaisie dans le choix des parcours se traduit par un resserrement des distances autour de la moyenne : 75 % des valeurs dans l’intervalle 915 – 955 km (ou 935 km + 20 km, soit une heure de route).
Le troisième constat qui a attiré notre attention au cours de cette étude, est la volonté de beaucoup de diagonalistes d’éviter l’agglomération montpelliéraine. Manifestement, la traversée de Montpellier « plein-centre » fait très peur, sauf à ceux qui savent être attendus par Guy Constans, le dévoué Sariste local. J’ai été surpris de trouver dans les feuilles de parcours les noms de communes périphériques comme Grabels, St-Gély-du-Fesc et Clapiers pour le nord, St-Jean-de-Védas et Lattes pour les sud, certains préférant “caresser” la pieuvre urbaine, plutôt que l’affronter. D’autres l’évitent résolument par le nord (St-Martin-de-Londres et Sommières), d’autres par le sud (Villeneuve-lès-Maguelone, Palavas-les-Flots, Carnon). Nous reviendrons à la fin de cet article sur le contournement de cette ville.

D'Hendaye jusqu'au Rhône, 3 itinéraires ressortent de la carte
Øl’itinéraire central et ses variantes
Hendaye – Pau (valeur retenue pour la distance = 140 km).
L’itinéraire usuel passe par St-Jean-de-Luz (N10 ou Corniche basque), Bayonne, Peyrehorade via Urt (rive gauche de l’Adour) et Orthez (N117).
NDLR : la N117 est la D817
Les deux variantes usuelles sont :
- A partir de Bayonne : D312 Briscous, D936 Bidache, D28 Sauveterre-de-Béarn puis Navarrenx, D111 Mourenx, D33 puis D2 Pau. Bilan : plus de kilomètres (15), plus de bosses … mais moins de voitures, ce qui explique sans doute que 6% des diagonalistes choisissent cette variante.
- A partir d’Hendaye : col de Courlecou (petite route sur la gauche du péage de Biriatou), D4 Ascain, D918, Cambo-les-Bains, D22 Hasparren, D1i4 St-Palais, D11 et D115 Navarrenx (rejoint la variante précédente). Bilan : un surplus de 10 km, encore plus de bosses que dans la version précédente … mais un précieux « nouveau col » pour les chasseurs.
Pau – Auterive (valeur retenue pour la distance = 185 km)
Deux options au départ de Pau : le plateau du Lannemezan pour les rouleurs, le toboggan de l’Astarac pour les grimpeurs ! Elles ont le même succès auprès des diagonalistes (52 et 48%).
- la route du plateau par la N117 via Tarbes, Tournay, Lannemezan (variante possible et recommandée par La Barthe-de-Neste), Montréjeau, St-Gaudens, Capens, D622 Auterive, est sans problème de relief (malgré quatre “bonnes bosses”), de pilotage, ni même d’excès de trafic depuis l’ouverture de l’autoroute A64. La distance de Pau à Auterive est de 185 km.
- la route de l’Astarac passe par D343 Morlaas, D7 Vic-en-Bigorre, N21 Miélan, D127 Masseube, D27 Meilhan, D29A D51 D6 L’Isle-en-Dodon, D6 D3 Rieumes, D28 Capens (rejoint “la route du plateau” – voir itinéraire précédent). Entre Meilhan et Rieumes, diverses variantes sont utilisées (routes blanches sur la carte Michelin), de difficulté et longueur proches. La distance est un peu moins longue (180 km) mais on décompte sur la carte pour cet itinéraire 21 chevrons simples et 2 doubles chevrons (contre 6 chevrons pour l’autre itinéraire). Alors attention à la dénivelée !
Remarque : l’Astarac – ou pays de Mirande – est un “pays” situé au nord de la Bigorre dont la morphologie est celle d’un plateau lacéré par de nombreuses vallées d’orientation sud – nord. Ces cours d’eau, bien que souvent chétifs (Boués, Baize, Sousson, Lauze, Gimone) ont creusé de profondes vallées dans la molasse. S’il est facile de “descendre” une vallée vers le nord, la traversée est-ouest (perpendiculairement aux vallées) de cette région est redoutable pour le cycliste.
Une moitié des utilisateurs de cette “route de l’Astarac” rejoignent Muret (puis Revel – voir itinéraire “nord”), soit depuis Rieumes par la D3, soit par Lombez et St-Lys, en prenant la D632 avant L’Isle-en-Dodon.
Auterive – Béziers (valeur retenue pour la distance =163 km)
Deux options équivalentes pour rejoindre Carcassonne :
- la plus utilisée (60%) passe par D622 Villefranche-de-Lauragais, N113 Castelnaudary, D33 Bram. Ce tronçon a une extension de 86 km, sans difficulté (quelques bosses vers Nailloux) et franchit le Seuil de Naurouze, partage des eaux entre Atlantique et Méditerranée.
- moins fréquenté jusqu’à 2004 mais sans doute plus utilisé désormais (depuis que Bernard Lescudé, Président de l’Amicale des Diagonalistes de France, réside a Saverdun et “dope” au cassoulet les diagonalistes de passage …), l’autre itinéraire passe par Cintegabelle ou Saverdun, Mazéres, D11 D502 Belpech, D25 D102 Fanjeaux, D119 Montréal. Parcours de même longueur (86 km), peu accidenté et plus tranquille que le précédent.
La liaison Carcassonne – Béziers se fait par la D610/D5/D11, via Trèbes, Homps et Capestang.
Béziers – Arles (valeur retenue pour la distance = 150 km)
Deux options à nouveau : par Vauvert (60% des passages à Béziers) ou par la Grande Motte (40%).
- entre Béziers et Vauvert, l’agglomération montpelliéraine sème la panique dans la cohorte diagonaliste. Nous reviendrons sur cette question dans les compléments en fin d’article. La distance estimée varie de 105 à 110 km pour les passages “plein centre” (mais attention aux sens interdits, déviations et feux rouges !) et de 115 à 120 km pour le contournement par le sud (Lattes, Mauguio). Nous retiendrons une valeur de référence de 115 km. La liaison Vauvert – Arles se fait par la N572 Saint-Gilles D37 GR653 Stanislas, Gimeaux (distance = 35 km), jusqu’au pont de Trinquetaille sur le Grand Rhône (soit 150 km de Béziers à Arles).
- l’itinéraire « bord de mer » passe par N112 Vias, D912 Agde (éviter la rocade!), N112, Sète, D60 à droite vers les Aresquiers (en cas d’erreur, rester sur la N112, jusqu’à la D114), Vic-la-Gardiole, D116 Villeneuve-les- Maguelonne, D185 D986 (piste cyclable) Palavas-les-Flots, D62 Carnon, D59 La Grande Motte, D255 Grau-du-Roi, D979 Aigues-Mortes, D58 puis D570. Parcours de 148 km, rigoureusement plat, très proche du précédent, nettement plus tranquille mais exigeant un pilotage rigoureux (carte fortement conseillée !).
L’itinéraire central d’Hendaye à Arles en résumé :
- longueur = 638 km
- attention au relief sur le parcours Pau – Vic en Bigorre – Masseube – Capens
- vigilance dans le pilotage à Bayonne (voir compléments in fine), Pau, région de Montpellier (voir compléments) et Arles (voir compléments).
ØD’Hendaye jusqu’au Rhône, l’itinéraire nord et ses variantes
L’itinéraire “nord”, choisi par un diagonaliste sur 5, passe par St-Sever, Aire-sur-Adour, Auch, St-Lys, Toulouse ou Muret/Revel, Mazamet, Bédarieux, Montpellier, Vauvert et Arles.
Cet itinéraire a une longueur de 640 km (donc identique à l’itinéraire central), mais emprunte beaucoup de routes à la fois fréquentées et à relief bien marqué (en particulier dans le Gers et dans l’Hérault, secteur de St-Pons-et-Thonières).
Variantes observées :
- pour rejoindre Saint-Sever depuis Bayonne, 1 diagonaliste sur 3 emprunte les encombrées N10 puis N124 jusqu’à Dax, puis la D32 par Montfort-en-Chalosse et Mugron, tandis que les deux autres suivent le parcours “central” jusqu’à Labatut (par Urt et Peyrehorade) et rallient Montaut par la D3, Habas et Pomarez, puis D8 St-Aubin. Cette seconde option est un peu plus courte (4 km), un peu plus accidentée (reliefs de la Chalosse) et beaucoup plus tranquille !
- 1 diagonaliste sur deux traverse Toulouse “plein centre” sans hésitation, tandis que les autres contournent l’agglomération toulousaine : soit par le nord (Grenade, D29, D45, Verfeil, D112 Lavaur), préparant un passage par Castres, Lacaune, Sommières, Nîmes et Tarascon (ce sont les seuls qui ne “passent” pas le Rhône a Arles ; soit par le sud (St-Lys, Muret, Revel par des routes “traversières” variées et de moindre importance.
- à Clermont-l’Hérault, 1 diagonaliste sur 5 prend la direction de Gignac, D32 St-Martin-de-Londres et D122 D1 Sommières.
ØD’Hendaye jusqu’au Rhône, l’itinéraire sud et ses variantes
L’itinéraire “plein sud”, aux confins des premiers reliefs pyrénéens, est emprunté par quelques chasseurs de cols et de BPF, qui n’hésitent pas à faire des kilomètres supplémentaires (une bonne trentaine) et un sérieux accroissement de la dénivelée. Itinéraire réservé donc aux costauds (Les archives contiennent en particulier une feuille de route Hendaye – Menton par le Tourmalet et le Ventoux, ainsi qu’une autre dans l’autre sens par le Ventoux et le Mont-Aigoual. Diagonales réussies dans le délai ! Quand on grimpe bien on ne compte pas la dénivelée …) qui passe par St-Palais, Oloron (on dénombre 5 côtes de 1 à 2 km sur les 29 km d’Hasparren à Saint-Palais), Lourdes, St-Gaudens, St-Girons, Foix, Quillan et les Corbières (2 passages sur 78 feuilles).

Du Rhône à Menton
Comme indiqué dans l’introduction, l’analyse des itinéraires dans ce secteur (1/3 de la distance) est d’une extrême simplicité. Après avoir «exclu», les deux originaux qui vont chercher la vallée du Var par Manosque et Barrême, celui qui contourne Aix-en-Provence par le sud (Gardanne) ou l’autre qui passe par Brignoles pour aller à Draguignan, les 74 itinéraires restant se partagent en deux ensembles parfaitement définis :
ØL’itinéraire “intérieur”
(Valeur retenue pour la distance = 300 km)
Utilisé par 3 diagonalistes (ou équipes) sur 4.
Il passe par D17 Fontvieille, Mouriés, Eyguières, Lamanon, D71D Alleins, D561 Charleval, Meyrargues, Nc-Peyrolles, D561 Rians, Varages, D554, Tavernes, D560 Salernes, D557 Draguignan, D562 Grasse D2085 Villeneuve-Loubet, Nice, basse ou moyenne corniche.
Parcours sans piège, varié dans les paysages, assez vallonné entre Rians et Grasse et relativement tranquille jusqu’à Draguignan.
ØL’itinéraire “côtier”
(Valeur retenue pour la distance = 295 km)
Utilisé par un diagonaliste (ou équipe) sur 4.
Il passe par N453 St-Martin-de-Crau, N113 Salon-de-Provence, D572 St-Cannat, N7 Aix-en-Provence, St-Maximin, Brignoles, Vidauban, Fréjus, N98 St-Raphaël, Cannes, N7 Antibes, Nice, basse ou moyenne corniche.
Parcours un peu plus court que le précédent mais essentiellement sur routes nationales à fort trafic, imposant de nombreuses traversées de villes, heureusement sans pièges (il suffit de suivre les panneaux verts et d’éviter les bleus !). Une vraie merveille qui justifie d’absorber beaucoup de gaz d’échappement si on ne la connait pas : la corniche de I‘Estérel entre St-Raphaël et La Napoule.
Pour Conclure
Distances
Pour chaque tronçon, j’ai indiqué une “valeur retenue pour la distance” qui n’est pas exactement celle que chacun pourra trouver en cumulant les distances partielles sur la carte mais le chiffre moyen de ces valeurs calculées par les diagonalistes eux-mêmes, après avoir éliminé les fiches erronées, le plus souvent par omission (moins 20 à 35 km pour 5 fiches). Cette valeur retenue me parait plus proche de la réalité du terrain, c’est à dire du kilométrage affiché par un compteur parfaitement étalonné.
Pour le parcours « le plus utilisé » (voir plus haut, Observation générales), la distance totale ainsi calculée s‘élève à 938 km, valeur très proche du chiffre de référence (940 km).
On remarquera qu’il est possible de rester, à peu de chose près, dans cette distance avec de multiples combinaisons entre les tronçons d’itinéraires décrits plus haut (centre et côte, nord et intérieur, etc.). Passer par La Grande Motte, Vauvert ou Nîmes ne change pas significativement la distance totale.
Seuls les parcours très “sud” en Midi Pyrénées ou des “chasses aux cols et BPF” zigzagantes entrainent des accroissements kilométriques significatifs.
Relief et dénivelée
Hendaye – Menton n’est pas une Diagonale à forte dénivellation, du moins pour ceux qui prennent soin d’éviter certains secteurs assez redoutables. La dénivellation totale mesurée (plusieurs valeurs convergentes) est de l’ordre de 5000 m, soit un peu plus de 500 m aux 100 km (rappel : plus de 1000 m aux 100 km sur Paris/Brest/Paris).
Sur le parcours le plus utilisé, les secteurs les plus relevés se situent aux extrémités : 1500 m de dénivelée entre Hendaye et Lannemezan (via Peyrehorade et Pau), près de 2000 m entre Rians et Menton, et 1500 m pour les 500 km restants entre Lannemezan et Rians, long secteur “plat” de cette Diagonale.
Mais il est facile de relever sérieusement ce tronçon central, par exemple en allant se “frotter” aux reliefs de la Montagne Noire dans la région de St-Pons-de-Thonières ou en voulant jouer avec le toboggan gersois dans le secteur de Masseube. Il ne m’étonnerait pas que ceux – assez nombreux – qui s‘amusent ainsi voient leurs altimètres afficher une dénivellation cumulée supérieure à 8000 m.
Délai et nombre d’étapes
Sur 72 fiches datées, 26 départs ont lieu en mai (9 avant le 15), 25 en juin, 15 en juillet, 1 en août et 5 en septembre. Trois départs sur quatre ont lieu entre le 15 mai et le 15 juillet. Un départ sur deux se situe entre le 15 mai et le 22 juin.
Par rapport aux autres Diagonales, on observe un décalage d’une quinzaine de jours vers le début de la saison. Ce n’est pas une surprise en regard des conditions climatiques habituelles dans ces régions. Ce qui est plus étonnant, c’est l’absence de départs après le 15 septembre. En bref, la période d’activité est plus précoce mais pas plus étalée.
Le délai est de 78 heures, soit 3 fois 24h+ 6h.
Le découpage le plus logique est celui de 4 étapes, réparties ainsi : 220 + 280 + 280 + 160 = 940 km.
En partant à 9 heures du matin le jour J, le délai court jusqu’à 15 heures le jour J+3.
Bien évidemment, tous les décalages sont possibles dans cette option, selon que l’on part plus tôt pour faire une plus longue étape le premier jour ou plus tard pour augmenter la dernière étape. Et pratiquement tous les cas de figure sont observés dans notre échantillon de 75 feuilles bien documentées sur les horaires.
Pour les 58 diagonalistes (ou équipes) ayant adopté ce découpage, les horaires de départ se répartissent de façon assez homogène entre 7h00 et 15h00. Le délai de sécurité à l’arrivée est en moyenne de 1h30. C’est assurément cette option qui permet d’utiliser au mieux le délai de 78 heures et de rouler le minimum de temps avec la dynamo.
Les 17 diagonalistes (ou équipes) restants, ont opté pour un découpage en trois étapes :
- de 315 km en moyenne pour 11 d’entre eux, avec départ entre 3 et 5 heures du matin. Ils prévoient de terminer leur Diagonale avec une bonne douzaine d’heures d’avance sur la fin du délai. Ce qui est le cas pour ceux qui roulent vite et/ou qui bénéficient d’une météo favorable. Dans le cas contraire, la dernière nuit sur le vélo est assurée … et ne suffit quelquefois pas pour arriver à temps. Ce découpage n’est pas conseillé.
- de 460 km à 540 km pour la première (départ en conséquence entre midi et 18 heures) + deux étapes de 240 à 200 km, pour les 6 autres. Option choisie par ceux qui aiment rouler de nuit et se “débarrasser du plus gros” le plus rapidement possible. Je n’ai personnellement jamais essayé cette option, malgré le plaisir que je trouve dans la route de nuit, mais on m’a affirmé que l’on se sentait moralement plus fort quand cette étape-marathon était accomplie. Il est évident que pour ceux qui doivent pour des raisons de vitesse de progression passer une nuit entière sur leur vélo, il est tout à fait recommandé de le faire dès la premiére nuit.
Pour conclure
La « pitchoune » de nos Diagonales de France n’est pas une fille facile. Il convient de se méfier de ses charmes de Lolita – soleil, lumière, chaleur, paysages, mer bleue – et de bien la respecter car elle a épuisé, découragé et même rejeté un nombre important de ceux qui croyaient la conquérir comme la première venue.
Si les vents qui presque toujours la décoiffent, si les pluies atlantiques qui souvent la trempent jusqu’à l’os et si la canicule qui parfois l’étouffe en juin/juillet sont inévitables et constituent de décisifs facteurs d’échec, nous conseillons très fortement à celui qui se lance à sa conquête d’adapter au mieux l’itinéraire à son potentiel (à défaut de le faire sans prétention au plus simple) et de faire un découpage chronologique utilisant au maximum le délai – bien court quoi qu’on en pense a priori – que l’organisateur lui a octroyé.
Bon choix de l’itinéraire et bonne répartition des temps de récupération sont les deux clefs de la réussite, même si les conditions météorologiques ne sont pas favorables.
Nous espérons que cette étude aidera les futurs candidats à choisir les bonnes clefs

Compléments - extraits des Etudes "Routes interdites et Chemins conseillés" et des informations transmises par des Diagonaliste
